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28 décembre 2006 / 18h36
- LES JUIFS des MONTAGNES d'AZERBAIDJAN

KRASNAIA SLOBODA (Azerbaïdjan), (AFP) Les Juifs des montagnes, membres d’une petite ethnie de langue perse du Caucase qui se considèrent comme les descendants d’une des dix tribus perdues d’Israël, ont survécu en Azerbaïdjan contre vents et marées, mais l
Krasnaïa Sloboda, la "capitale" des Juifs des montagnes, a vu le nombre de ses habitants diminuer de moitié à un peu plus de 4.000 âmes depuis que l’Azerbaïdjan, pays dont la population est en majorité musulmane, a obtenu son indépendance à la suite de l’effondrement de l’URSS en 1991.

"On a l’impression que l’endroit est vide", se plaint Rouvine Avchalomov, 75 ans.

Sur les dix-sept enfants de M. Avchalomov, six ont quitté Krasnaïa Sloboda pour la capitale russe, cinq pour Israël et un autre pour les Etats-Unis, en quête d’une vie meilleure pour eux et leurs familles.

Certains de ces émigrés ont su tirer leur épingle du jeu à l’étranger et reviennent tous les étés pour se construire de luxueuses propriétés ou financer les travaux de rénovation de la salle communautaire ou de la synagogue, affirme un ancien du village, Boris Simandouïev.

Mais si les maisons de Krasnaïa Sloboda arborent de riches façades, ses rues sont vides et plusieurs demeures ont été condamnées. Le village musulman voisin de Kuba, lui, bien que d’allure plus pauvre, grouille de vie.

"C’est seulement lorsque quelqu’un meurt qu’il y a beaucoup de monde ici", soutient M. Avchalomov, dont la famille s’est brièvement réunie le mois dernier pour les funérailles de son épouse.

Pour d’autres habitants comme Boris Simandouïev, les changements n’ont pas été que négatifs.

"Les habitants ne seraient pas partis s’il n’y avait pas eu de démocratisation" et l’ouverture des frontières avec la chute de l’URSS, admet-il, se félicitant en outre du rétablissement de la liberté de pratiquer sa religion, sinon "la synagogue serait vide les samedis".

Après 70 ans d’athéisme officiel, le village connaît en effet une renaissance religieuse et l’enseignement de l’hébreu est offert comme matière facultative dans une des écoles.

Selon certains historiens, les ancêtres des Juifs des montagnes seraient arrivés en Perse en 722 avant Jésus Christ à la suite de l’exode d’Israël décrit dans la Bible, avant de trouver refuge dans le Caucase au XVe siècle.

Leurs descendants se sont installés au XVIIIe siècle sur les rives de la rivière Goudial Tchaï où se dresse aujourd’hui Krasnaïa Sloboda, comme en témoignent les vieilles pierres tombales qui surplombent le village.

Des siècles de séparation d’avec les autres diasporas juives ont donné aux rites des Juifs des montagnes certains accents orientaux.

Ainsi, les croyants retirent leurs chaussures avant d’entrer dans la synagogue, comme le font les musulmans pour entrer dans une mosquée, et les fêtes se fondent sur un calendrier différent.

"En Azerbaïdjan, nous ne sommes pas considérés comme des étrangers, mais en Israël nos traditions ne sont pas compatibles avec celles des autres Juifs", affirme Boris Simandouïev.

Les habitants de Krasnaïa Sloboda sont très fiers d’avoir été dans cet endroit pendant près de trois cents ans, mais certains d’entre eux craignent que l’exode des jeunes ne mette fin dans un avenir proche à la présence juive dans la région.

Les optimistes répliquent que l’exode actuel n’est pas la première menace à laquelle ont eu à faire face les habitants de Krasnaïa Sloboda, rappelant que, depuis sa création, le village a survécu aux pogroms sous les chahs, à l’assimilation sous l’Empire russe et aux répressions antireligieuses sous Staline.

Répondre à cet article

* Messages de forum: 1
* Novembre 2004: > Azerbaïdjan : les Juifs des montagnes restent optimistes malgré l’exode


Forum de cet article:

* > Azerbaïdjan : les Juifs des montagnes restent optimistes malgré l’exode 17 novembre 2004, par Igor Chalmiev

Depuis 1992 lorsque je me suis installé en Allemagne, j’ai remarqué que les gens d’Europe de l’Ouest considèrent que tous les Juifs originaires de l’ancienne Union Soviétique sont semblables. Je me suis demandé d’où venait une telle ignorance et pourquoi tous les immigrants juifs sont perçus comme des Russes athéistes, sans éducation ayant trait au judaïsme et assez souvent déconcertants. Une telle perception découle apparemment du fait que l’on ne prend pas en considération les différences au sein de l’immensité de l’Union Soviétique. Tout comme il ne viendrait jamais à l’esprit de quiconque de comparer la vie des Juifs en Allemagne avec celle des Juifs en Inde, on ne peut mettre au même niveau les coutumes des peuples des diverses régions de l’Union Soviétique.

Prenons mon exemple : Je viens d’un territoire où la Wehrmacht n’est pas parvenue. C’est pourquoi la vie traditionnelle juive n’y a point été anéantie. Durant toute l’époque soviétique, on a tenté comme on le pouvait de poursuivre une vie " juive ", tout comme les Musulmans ont vécu selon leur traditions.

Cela concerne par exemple les jours de fête, la circoncision, le fait que les parents et grands-parents aient préféré les mariages intra-communautaires. Je suis né à Bakou, derrière le Caucase en Azerbaidjan. Enfant, j’ai passé beaucoup de temps chez mes grands-parents, dans une petite villle du nom de Cuba. Le fleuve partageait la ville en deux, d’un côté vivaient les Musulmans, de l’autre les Juifs. Dans la partie juive de la ville, les gens utilisaient leur propre langue juive. Comme il s’agissait de " juifs des montagnes ", ils parlaient un ancien dialecte perse qui avait été la langue des Juifs des montagnes depuis des siècles et qui, de nos jours a quasiment disparu. Sous Staline, cette langue fut surnommée " Tat " alors que les juifs eux-mêmes n’avaient pas de dénomination particulière pour la désigner. Les Juifs des montagnes parlaient du reste des dialectes différents dans d’autres régions, mais de nos jours pratiquement personne ne les utilise. Dans la capitale Bakou, c’était bien sûr différent. A l’école, on parlait russe et dans la rue aussi azerbaidjanais. Enfant, je devais également parler la langue des Juifs des montagnes puisque ma grand-mère ne parlait que cette langue, mais la plupart du temps, à la maison, on parlait russe.

A vrai dire, mon grand-père était rabbin et il a travaillé après la révolution en tant que professeur dans une école soviétique. Nous avons toujours su que nous étions juifs, et cela fait partie de ma vie. Nous étions les Juifs, d’autres étaient par exemple Azerbaidjanais, Russes, Ukrainiens ou Tatars. Lorsque je suis arrivé à Berlin sans connaître un mot d’Allemand, je fus étonné de pouvoir me faire comprendre,dans de nombreux magasins, en Azerbaidjanais. Les turcs disent Aseri. C’est de la même famille que le Turc, aussi d’une certaine manière, je parle et comprends une sorte de Turc de la rue. A Bakou, il y avait deux synagogues, une petite, Séfarade, et une plus grande et plus belle qui était Achkénase. Je suis allé parfois dans l’une et puis de nouveau dans l’autre. Chez les achkénases, on pouvait acheter la Matsah faite maison pour Pessah. Les grands-mères séfarades ne connaissaient pourtant pas les boulettes de matsah et de nombreux plats étaient proches de ceux des Musulmans ( Dolma et recette d’agneau ).

Je n’arrive pas à me remémorer un conflit particulier avec les musulmans. Comme ils pouvaient pratiquer leur religion librement, ils ne nous ont pas dérangé,au contraire. On s’échangeait des cadeaux pour les fêtes. Nous recevions toujours de splendides œufs décorés de la part des Russes pour Pâques, des confiseries délicieuses de la part des Musulmans pour la Fête du Fitr [note de traduction : La fête du Fitr célèbre la rupture du jeûne dans la religion de l’Islam.], de notre part, ils n’ont recu que de la Matsah sèche.

Les Musulmans et les Juifs ont toujours suivi le rite de la circoncision. Il revenait aux parents de fixer la date de la circoncision. S’il n’y avait pas de rabbin ou de Mohel, on appelait un médecin juif à la maison. Les petits garcons juifs étaient circoncis généralement dans les six premiers mois de leur vie, les Musulmans autant que je sache, aussi plus tard.

Dans la partie européenne, la situation fut différente après la guerre. Toute religion fut réprimée et je n’ai plus entendu parler de circoncision que très rarement.

Je travaille maintenant en tant que délégué à l’intégration au sein de l’association culturelle juive de Berlin. Il nous est vite apparu que nous aurions beaucoup à apprendre des autres migrants, en l’occurence des Turcs. Nous avons alors entrepris des visites chez les uns et les autres. A la fin du jeûne, je me suis souvenu des repas des musulmans à Bakou,et les Turcs furent surpris qu’un Juif russe comprenne leur langue jusqu’à ce qu’ils réalisent que je parle aseri. Un vieux juif dit à la fin du jeûne, avec un accent yiddish, qu’il avait vu beaucoup de choses mais qu’à la fin, il n’y avait que deux peuples : Les bons et les méchants.
Golem 3
http://www.info-turc.org/article524.html



Haut de page Article rédigé par Y.K - Source : www.info-turc.org/
 


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